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J'ai traversé 11 Etats de ce grand pays que sont les Etats Unis d'Amérique : New York, New Jersey, Pennsylvanie,Ohio, Indiana, Illinois, Iowa, Nebraska, Colorado, Utah, Nevada, et enfin la Californie.

J'ai changé 3 fois de fuseaux horaires.

J'ai franchi les Appalaches en dents de scies avec des pentes jusqu'à 10%, les Montagnes Rocheuses à 3 800 mètres d'altitude avec un mètre cinquante de neige sur les bas côtés, la chaine montagneuse Unitah de Salt Lake City, les treize cols du désert de l'Utah (Salt Lake Desert) et du Nevada (Great Basin Desert), et enfin la Sierra Nevada par le Carson Pass culminant à 2 580 mètres.

J'ai roulé 6 jours dans le désert avec 9 litres d'eau en plus des 23 kg de bagages.

Je suis passé au travers de 2 tornades dans l'Iowa et le Colorado. J'ai subi le vent glacial du Canada descendant par le lac Michigan, le vent d'Ouest soufflant en rafales dans le Colorado, puis ce même vent, chaud, brûlant la peau et assourdissant les oreilles dans le désert de l'Utah.
J'ai connu, dans ma tente, en fin de nuit, des températures proches de 0°C, voir négatives dans la région de Chicago et, lorsque je campais en altitude ,des températures de 30°C, le soir au coucher, dans le Colorado et l'Utah.

J'ai traversé des régions dont les paysages étaient magnifiques, qu'ils s'agissent des bords des lacs Herie et Michigan, des pleines immenses du Middle Ouest où sifflent en permanence les trains de l'Union Pacific, de la haute montagne enneigee ou du désert chaud aride et vanteux de l'Ouest.  J'ai préféré l'Utah et le Nevada pour la beauté des canyons, du désert et des alpages au pied de la Sierra Nevada à proximité du lac Tahoo.

J'ai rencontré des gens formidables tout au long de ma route et sur mes lieux de bivouac. Il est vrai que l'équipage homme/vélo/bagages suscite la sympathie et une certaine admiration. Combien de fois ai-je entendu les mots : "unbelievable !", "crasy !". "great job ".  Pourquoi faire autant d'efforts physiques ? alors qu'il y a la voiture, la sacro-sainte voiture chère aux américains ! J'ai découvert un peuple généreux, jovial, poli, ouvert sur le monde, curieux, toujours prêt à rendre service.  Malgré ce voyage en solitaire et sans assistance, je n'ai jamais éprouvé un sentiment de solitude.

J'ai rencontré les Amishs, les Mormons et les Mennonites. J'ai pour regret de ne pas avoir rencontré une communauté indienne. Curieusement, c'est dans le désert que j'ai rencontré le plus de cyclos. Lorsque les chemins de 2 cyclos se croisent, il convient de s'arrêter. C'est un moment privilegié d'échanges surtout dans les régions inhospitalieres comme les déserts de l'Utah et du Nevada. On fait quelques photos, on s'échange nos adresses et chacun reprend sa route. J'étais le cyclo le plus agé, a l'exception de Jean-Yves, 71 ans. Chapeau, Jean-Yves ! Enfin, tous les cyclos rencontres roulaient vers l'Est, avec un vent dans le dos tandis que moi je roulais vers l'Ouest avec un vent de face.

J'ai réalisé 5 430 km en 51 jours, et 10 jours de repos. Ma moyenne journalière parcourue a été de 106,5 km avec un vélo dont le poids avec les bagages et l'eau, pouvait atteindre 50 kg. J'ai perdu 5 kg pendant le périple. Pourquoi aller aussi vite ? m'a demandé Eric Lange dans son émission "Allo la Planète". Ceci est lié a mon tempérament. Tous mes challenges ont été menés ainsi. Je me fixe un tableau de marche et je ne m'en écarte pas. La totalité de mon voyage s'est réalisée exactement comme je l'avais planifié lors de la préparation l'hiver dernier. Cela a toujours été une règle de conduite dans ma vie, pour tous les projets ou combats que j'ai mené. Je suis exigeant avec moi-meme, comme je le suis avec les autres. Rien alors ne peut m'arrêter. Ceux qui me connaissent, en particulier mes proches, pourront le confirmer.

Roll 2, mon fidèle compagnon de route, a eté lui aussi exemplaire. Aucune panne, aucune vis à resserrer. Il n'a pas ménagé sa peine car les routes américaines ne sont pas en excellent état, à l'exception de celles de l'Utah et du Nevada.  C'est lui la vedette sur le blog ; il est pratiquement sur toutes les photos. Il éveillait la curiosité des passants et me facilitait ainsi le contact avec les octochtones.  Il grinçait un peu des dents lorsque nous sommes arrivés au pied des Rocheuses. Comme moi, il a avalé beaucoup de poussière dans le Middle Ouest souflées par les vents de travers et les fermiers occupés à remuer la terre avant les semis de mais. Après une toilette et une lubrification de la chaine, avant que nous attaquions la haute montagne, tout est rentré dans l'ordre. Il s'est créé une complicité entre lui et moi lorsque nous étions seuls tous les deux sur ces immenses et interminables lignes droites. J'ai aimé écouter le cliquetis de sa chaine et le léger crissement de ses pneus sur l'asphalte. Je l'avoue, parfois il m'arrivait de lui parler. Il a fallu 2 rustines pour réparer deux crevaisons de la roue arrière ; le pneu s'est usé prématurément par la charge excessive de bagages et d'eau supplémentaire nécessaire à la traversée du désert. Sa fiabilité a été totale. J'avais une grande confiance en lui. C'était particulierement important pour la traversée des régions inhabitées. Il y a peu de voitures sur la 50, la "loneliest road" des Etats Unis. En cas de pannes mécaniques, il n'y avait aucun arbre pour bénéficier de son ombre et s'abriter du soleil.

J'ai essayé de faire un travail journalistique par un compte-rendu journalier accompagnés de photos sur mon blog. Cela n'a pas été toujours facile, parce que, j'avais au final peu de temps. Dans le désert, il y avait peu de spot Wifi. J'ai du parfois, gràce à la générosite des gens, utiliser des connexions par satellite. Mes lecteurs ont été reconnaissants en me transmettant régulèrement des messages de soutien et d'encouragement, je les en remercie. Il s'est créé entre eux et  moi une vraie complicité. Cela m'a beaucoup aidé dans les moments les plus difficiles.

Je suis heureux de ma performance car je ne suis pas un sportif. Je pratique le vélo, seulement depuis 4 ans. Peu de cyclos ont traversée l'Amérique du Nord dans le sens Est/Ouest, du moins en solitaire et sans assistance. Je suis probablement le premier à l'avoir fait à 62 ans.

Cette aventure sportive est aussi une aventure humaine car j'ai roulé pour une cause : l'association Syndrome de Wolfram. Je ne voulais pas décevoir les malades qui ont cru en moi. J'ai voulu leur montrer qu'avec beaucoup de volonté, on pouvait soulever des montagnes. Nolwen voulait que je brise leur solitude. J'espère que l'objectif a été atteint. Gràce à la générosité des lecteurs de mon blog, mais aussi des américains rencontés sur ma route, jusqu'aux enfants d'une famille du Colarodo, plus de 3 800 km au prix de 2 Euros ou 2 dollars le km ont été vendus pendant le voyage. Je compte bien parvenir à vendre la totalité des kilomètres parcourus dans les prochaines semaines.

Il restera aussi de cette aventure, au dela des souvenirs, plus de 2000 photos et 3 heures de vidéo haute définition.  Un diaporama sera présentée à la rentrée et pourquoi pas un livre dans les prochains mois.

Je veux ici remercier Christelle, ma fille, administrateur du blog, qui jour après jour a travaillé sans relache à la mise a jour quotidienne du lien entre moi et mes lecteurs. Je veux remercier Huguette, mon épouse qui a saisi mes compte-rendus losque ceux-ci étaient de simples message vocaux. Je veux enfin, remercier ma nièce, Nolwen, présidente de l'association Syndrome de Wolfram, avec qui j'ai monté cette formidable opération.

Je ne mets qu'une seule photo dans ce dernier message. Elle a été choisie par Christelle. C'est celle de Roll 2 arborant le drapeau americain dans la premiere étape de désert. C'est l'étape que je redoutais le plus. Je craignais de ne pas pouvoir rejoindre le motel à la frontière du Nevada situé à 143 km du point de départ, la ville de Delta. Heureusement, j'ai eu, ce jour là, une bonne fenêtre météo. Mon ennemi le vent d'Ouest s'était montré clément ce 14 juin. 

J'ai trouvé, au cours de cette étape, le drapeau, au bord de la route. Il a une haute valeur symbolique pour moi. Je le remettrai à mon retour au gagnant du concours/questions improvisé au cours du périple.

2013-06-14 12

 

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Je rentre en France le 8 juillet après, j'espère, avoir  communiqué avec les médias de San Francisco avant mon départ.

Merci chers lecteurs d'avoir participé avec moi à cette belle aventure.

San Francisco, le 6 juillet 2013.

Jo le Bouter 
Le lonesone cycliste et son fidèle compagnon Roll 2.

 

On termine par une chanson : "Stand by me". C'est une chanson des années 60, chantée à l'époque par Ben E. King.

Roger Ridley a chanté cette chanson à la guitare, il y a quelques années, dans une rue de Santa Monica, en Californie, non loin de San Francisco. Roger a été repéré par la fondation Playing For Change. Cette fondation oeuvre pour la paix dans le monde par la musique. La fondation a eu pour idée de superposer à l'interpretation de Roger, d'autres voix et d'autres musiciens des quatre coins du monde. Le résultat est remarquable.
Paix, fraternité et universalité se reflètent dans cette interprétation. C'est cette ambiance que j'ai ressentie pendant mon périple et mon séjour à San Francisco.

Bonne écoute.

Standby de Playing for Change