Il était 8h00 hier soir, lorsque je suis arrivé à La Salle petite citée tranquille au nom francais et comme les autres citées, fort jolie.  La cité ne compte pas moins de 7 églises. Le camping que j'ai repéré lors de la préparation est à 8 km au bord d'un lac. La nuit arrivant, je décide de rester dans la ville en installant ma tente dans le city park. Malheureusement, le restroom est fermé. Je me dirige vers la première maison en face du parc. Juliena est à sa fenêtre. Je me présente et lui demande poliment si je peux installer ma tente sur la pelouse dans leur backyard. Juliena appelle son mari Alan : c'est d'accord. Tandis que Gianni, 7 ans, le plus jeune des 2 enfants m'aide à installer la tente, Maalik, l'ainé, 9 ans part en cuisine me chercher une pizza. La salle de bain est mise à ma disposition pour une bonne douche chaude. C'est ça l'hospitalité américaine ! Merci Juliena et Alan pour votre hospitalité.

2013-05-14 13 2013-05-14 22

Ce matin, il fait très beau. Le vent du sud Ouest souffle modérément; à 16h pm, il fait 32 °C à l'ombre. Je passe une bonne partie de la journée au Family Restaurant. Les propriétaires, Nec, 54 ans, Maria sa femme, 53 ans et leur fils Arian 38 ans, sont albanais. Ils ont débarqués aux USA il y a 7 ans, sans un sous, et ne parlant pas un seul mot d'anglais. C'est aussi ça "l'American dream". 

2013-05-14 14

Il m'ont accueilli comme un membre de leur famille. Avant mon départ Arian m'a remis un billet de 10 dollars pour l'association. Thank you to the family Amiti, you have been with me, as a member of your family.

Maintenant, faisons le point de cette première partie du voyage New York Chicago. J'ai parcouru 1693 km en 15 étapes soit une moyenne de 113 km par jour. Je suis "pil poil" dans mon planning.

Je suis en parfaite santé : pas de douleur articulaire, pas de contracture. Je suis en pleine forme. Avant mon départ, je craignais pour mon épaule gauche à cause de la fracture de la clavicule. J'étais même, disons le, inquiet. Ma rééducation a été efficace (merci Jean-Francois) et mon entrainement dans le Haut Atlas marocain en janvier et février derniers m'ont permis de revenir au top. Je ne souffre plus. Je dors plutôt bien à l'exception des quelques nuits où il a fait particulierement froid.

Je me suis pesé à Goshen, chez Chris et Nick. J'ai perdu 2,2 kg. Je devrais me stabiliser à 72 kg, le poids idéal pour ce défi sportif. Je mange de mieux en mieux. J'ai même mangé du poisson cette semaine avec de la mayonaise tout de même (nous sommes en Amérique).

Quant au compteur des kilomètres vendus au profit de l'association, il suit sensiblement celui fixé à mon guidon. Je commence aussi à collecter sur place des dollars. Donc tout va bien.

Enfin mon impression générale, elle est, vous le devinez, excellente. J'ai l'impression de rouler en permanence dans un parc gazonné. Mais, c'est surtout la qualité et le nombre de mes rencontres qui me surprennent le plus. Je rencontre des gens intéressants, heureux de partager un moment avec moi. Seul le voyave à vélo permet de telles rencontres.

2013-05-14 16
Le programme type de la journée est le suivant. Je me lève à 6h pour un départ vers 7h15. Le matin, je flane. Je m'arrête souvent ; je prends des photos. L'air est pur, les lumières sont belles. Je m'arrête prendre des notes. Peut-être écrirai-je un livre à mon retour. Je déjeune entre 11h30 et 14h00 en fonction des opportunités. Je profite pour rédiger mon message quotidien. Cela me prend entre 20 et 30 mn. Jamais plus car j'ai encore 50 à 60 km à faire et parfois beaucoup plus. L'après midi, c'est du roulage pur. Je deviens un métronome. Toute mon énergie et mon esprit sont concentrés sur le pédalage. Je n'ai qu'une idée en tête : rejoindre mon lieu de bivouac au plus vite, pour me doucher, diner et me coucher. 

2013-05-12 08

Je n'ai pas de carte détaillée. J'ai fait des copies avant mon départ d'une carte Michelin dont l'échelle est 1cm = 1 journée de vélo. Je dois donc faire confiance à mon GPS. Parfois, je reprends la main car il me joue des tours en me proposant des routes imprévues. C'est ainsi que plusieurs fois en Pennsylvanie, je me suis retrouvé sur des routes certes jolies, mais avec des pentes qui dépassaient parfois 12 % !

Joinamerica, le cyclonomade heureux.